Pour le dernier objectif de l'année 2019, il me fallait trouver un objectif intermédiaire.

Le Grand Trail de Sancy Mont-Dore, en Auvergne, organisé le week-end du 22 septembre était la course idéale. Je connaissais cette course par les réseaux sociaux, la grande distance de 60km et de 3300 D+ me semblait parfaite au niveau ratio kilomètre/dénivelé positif. Il est fin mars quand je lance mes recherches et ça tombe bien les inscriptions ouvrent le 1er Avril. De mémoire les dossards partent très vite, donc le jour J, je suis sur les starting blocks, prête à dégainer ma carte bleu.

Le but de cette course officielle : tester mon équipement, ce qu'il me manque, ce dont j'ai finalement besoin, ce qui me convient et ce qui me convient moins bien et que je devrais modifier. Juger également ma gestion, que se soit de l'effort mais aussi alimentaire et hydratation. Toujours dans l'optique de prendre conscience des ajustements à faire. Tout cela, 10 semaines avant l'objectif ultime pour finir l'année 2019 en apothéose, enfin j'espère !! 

Depuis le Trail de la Vallée des Lacs dont vous trouverez le compte-rendu de la course ci-dessous, je continue de suivre mon plan d'entrainement spécifique trail.

Le Grand Trail de la Vallée des Lacs (90km) - Cel_in_run

Avant de lire ce récit, prévoyez de vous installer confortablement (pas trop non plus au risque de vous endormir), de prendre un café ou une boisson qui vous fait plaisir et 5-10 min de votre temps. __________________________ Cette course me tentait depuis un moment pour le lieu (Gérardmer) que je connais pour y avoir passé 2 séjours en vacances.

http://celinrun.canalblog.com

Pace Trail Expérience, la méthode repose sur les recherches effectuées par M. Foster en 1998. La méthode Foster défini une note (de 0 à 10) permettant de donner une échelle au Ressenti de l'Effort, les bases de la méthode et des plans d'entrainement sont inspirées de cette échelle. Cet indicateur permettant de déceler nos sensations du jour et donc d’individualiser l'entraînement.

Plans d'entrainement créé par Eric Lacroix, membre de l'équipe de France de course de montagne de 1991 à 1995, entraîneur national hors stade (niveau III) et Ultra. Il a notamment entrainé des grands noms du trail comme par exemple Xavier Thevenard, Yoann Stuck, Diego Pazos. Sans compter son palmarès personnel énorme. Mais il ne faut pas oublier le fondateur de la plateforme Pace au nom de Damien (alias Tito), toujours disponible même le week-end pour répondre à une question sur l'application ou sur le plan en cours. C'est un traileur également, il vient de finir le Trail du Bourbon (112km-6400 D+) alors qu'il souffrait d'une entorse de la cheville quelques semaines auparavant. Un concept mené par une duo de passionné.

Pour en savoir plus sur ce plan, je vous laisse allez voir par vous même. Vous pouvez accèder à tous les plans pendant 4 semaines gratuitement et avec le code CELINPACE, vous pouvez bénéficier de -20% sur l'abonnement en plus. Si vous avez des questions n'hésitez pas, je serais ravie de vous répondre.

PACE : Plan d'entraînement 100% trail

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Revenons à mes moutons.

Trail de la Vallée des Lacs terminé malgré une entorse de la cheville survenue dès le 14ème km. Je suis repartie à l'entrainement plus motivée que jamais. J'ai suivi le plan de façon très assidu pour mettre toute les chances de mon côté, en adaptant le plan à ma triste platitude Seine et Marnaise où ne règne pas le dénivelé, mais cela ne sera pas une barrière pour moi.

La semaine qui précéde la course, je fais comme à mon habitude, la checklist de tout ce dont j'ai besoin et qu'il ne faut surtout pas oublier d'apporter. Ca me réussi bien de faire cette liste, je n'oublie plus rien dorénavant (oui oui car je suis un peu tête en l'air de base mais chut !!). Le rituel du point météo plusieurs fois par jour, on passe du grand beau et température idéale à tempète, orages, vent violent, et pluies torentielles (je ne ments pas, dixit Accuweather). Alors là c'est un peu la panique à bord, j'ai bien donné en condition extrême avec la Saintelyon 2018, mais la en moyenne montagne, sur les crêtes, j'avoue que j'ai peur. Si ces conditions se révèlent être réelles, c'est surtout une raison valable pour l'organisation d'annuler la course, alors je croise les doigts quand même.

Veille de course, départ en voiture avec Arnaud, environ 5h30 de route de prévue, mon beauf Yann qui fait partie de l'aventure nous rejoindra sur place. Objectif en arrivant, prendre les clefs de la location, commencer à préparer les affaires de course et récupérer les dossards tous ensemble.

Départ Trail Sancy Mont-Dore

 

Sur place, la météo est top, limite chaud, on voit arriver les coureurs du 33km, poussièreux de la tête aux pieds. On discute avec un traileur qui nous dira avoir mis 8h pour sa course. Ca me fait flipper, je me demande combien de temps je vais bien pouvoir mettre, pour faire le double de distance. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Récupération des dossards et d'une veste sans manche en cadeau, après vérification des sacs et du matériel obligatoire. La météo se confirme médiocre, le matériel obligatoire a été adapté en conséquence, pour le moment aucune info concernant la course. Retour au logement, finalisation du sac et ravito perso, repas et au dodo. Le stress m'envahit, je vois par la fenêtre le vent se lever, impossible de dormir, j'ai du m'assoupir une petite heure au total. Le réveil sonne à 3h pour un départ de course à 5h30, j'ai la tête dans le cirage complet. Petit déjeuner avalé avec beaucoup de difficulté, j'ai un noeud à l'estomac et je me sens pas du tout en forme.

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Arrivée sur le site du départ, on se positionne en fin de peloton, d'ailleurs c'est la dernière fois que je pars en fin de ligne comme cela. Non pas que j'ai été prise dans les bouchons même pas du tout, mais j'aime bien me retrouver au milieu de tout le monde, l'ambiance est différente.

 

 

 

Débrief de l'organisation qui prend la décision au vue du dernier point météo, d'écourter la course à tout ceux arrivant après 13h30 au Puy des Crebasses (44ème km). On discute avec le serre-fil, il nous raconte son expérience de queue de peloton sur d'ancienne édition de cette course avec une météo dantesque. Il a vu des traileurs avancer à 4 pattes sur les crêtes tellement le vent soufflait avec force. Il enchaîne en disant, y a des choses que je ne souhaite à personne de voir. Je ne sais pas ce qu'il a voulu dire mais je ne veux pas en savoir plus, je suis déjà dans un état de stress de malade.

profil grand trail Sancy Mont-Dore

Top départ, on reste ensemble avec Arnaud et Yann, on verra comment les choses évoluent au fil de la course, si quelqu'un doit accélérer ou ralentir. On traverse la ville de Mont-Dore avant de monter progressivement et de s'engouffrer dans la forêt. La météo est plutôt calme pour le moment, le vent est présent mais la pluie est absente, il fait même plutôt doux. Le ciel est clair et nous laisse apercevoir les étoiles et les lumières de la ville que l'on finira par quitter pour de bon. 

Le parcours démarre par quasi 7km de montées avec 500 D+, Arnaud et Yann papotent beaucoup. Moi je rentre dans ma bulle et suis concentrée pour trouver mon rythme de croisière (il me faut bien 1h de préchauffage pour commencer à me sentir bien !!). Quasi personne derrière nous à part quelques coureurs, l'ambiance est pour le coup d'un calme, même trop calme. On enchaîne après par un profil descendant pendant 6km (350 D-). Je freine des 4 fers, le rappel de mon entorse lors du Grand Trail de la Vallée des Lacs est présent dans ma tête et j'ai peur. Pourtant la pente n'est pas trop raide, mais les cailloux, la nuit !! Le souvenir est frais, je crains la chute et le drame. Alors je descends tranquillement et je laisse mes compagnons de course filer à toute vitesse, j'aimerais avoir cette aisance ou insoucience plutôt. Je les retrouve finalement rapidement lorsque la pente remonte un peu. On assiste au lever du soleil, j'admire le paysage encore calme.

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On enchaîne ensuite par une succession de faux plat montant et descendant pendant environ 3km jusqu'au ravito du 16ème km. Pour le coup cette fois c'est moi qui avance plus vite et ils me disent de continuer à mon rythme. Je suis plutôt contente de pouvoir courir toute cette portion et de rattraper des coureurs qui eux marchent. Arrivée au ravito, je prends 5-10 min pour me ravitailler,, ranger et bien protéger ma frontale et je vois finalement arriver Arnaud et Yann, je décide de les attendre. On continue de descendre pour rejoindre La Bourboule (20ème km), avant d'attaquer une belle montée de 4km pour 500m D+ jusqu'à Puy Gros. Le début de la montée se fait ensemble, puis je continue à mon rythme laissant Arnaud et Yann quelques minutes derrière moi. Je suis contente d'arriver au sommet à 1476m, la vue est plutôt dégagée et laisse découvrir des paysages magnifiques.

Puy Gros

Puy Gros

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le parcours continue avec une descente jusqu'au 2ème ravito (29ème km, Prends toi Garde à 1000m d'altitude), je me fais rattraper par Arnaud et Yann et on arrivera ensemble au pointage. Je suis prête avant eux, Yann a besoin d'un peu plus de temps pour se ravitailler et souhaite se changer, je repars seule en leur disant qu'ils vont me retrouver.

Direction le col de la Croix de Morand (34,5km, 1400m d'altitude), où il y aura un point d'eau avant de grimper jusqu'au Col de la Tache (36km, 1600m d'altitude) Je croise pendant la montée un oncle à Arnaud (habitant dans le coin), venu nous saluer et nous encourager. Il me préviendra qu'il ont pointé environ 4 min après moi à la sortie du ravito. J'arrive tranquillement au point d'eau, je ne prends pas le temps de recharger car je sais que je peux attendre le prochain ravito, d'ailleurs ca aurait du me mettre la puce à l'oreille que je ne buvais pas suffisamment.

Puy de la tache

Pendant la montée, le temps est lourd, il fait chaud, la météo commence à se gâter à l'horizon mais pour le moment nous sommes toujours épargné. Je me fais rattraper par Yann qui tient une forme olympique, pendant que moi j'accuse un bon coup de fatigue. Il m'avertira avant de filer comme l'éclair, qu'Arnaud souffre de son genou (TFL qui se réveille) et qu'il abandonnera au prochain ravito.

 

 

Ravito prévu au 40ème km (Col de la Croix Saint Robert, 1450m d'altitude), Yann y sera passé 15 min avant moi. La descente est vraiment une difficulté que je dois travailler pour moins appréhender, ou alors débranchement du cerveau c'est une autre solution.

Yann me racontera après course, qu'à son passage il n'y avait plus d'eau, alors que moi oui. Le réassort venait certainement d'être fait, heureusement car j'avais prévu d'y faire le plein. J'ai adoré déguster des morceaux de pastèque, une véritable découverte en course et fort appréciable. Je pointe à ce ravito à 12h15, 15 min avant la barrière horaire.

Le prochain point se situe à Puy des Crebasses 44ème km, nouvelle barrière horaire créée par l'organisation le matin même pour 13h30 maxi. Le vent s'intensifie, il fait aussi moins chaud et la pluie semble proche. Pendant la montée, je croise 2 traileurs à l'arrêt, l'un veille sur l'autre qui se sent pas bien (vomissement et vertige). Le 1er me demande de continuer et de prévenir les secours, mais je suis pas trop d'accord de les laisser là, se refroidir alors que la tempète arrive. Je reste un peu avec eux, je propose qu'on reparte ensemble tranquillement, on apercoit au loin les bénévoles présent à Puy des Crebasses, il doit rester à peu près 500m à monter. Je donne le pas au traileur malade et je lance la discussion pour tenter de le distraire, le vent souffle de plus en plus fort et la pluie commence à tomber.

On arrive à bon port, les bénévoles prennent en charge le traileur malade. Il est 14h (+ 30min) donc impossible de descendre la Vallée de Chaudefour, ils donnent nos numéros de dossard par talkie et nous montrent le chemin pour rejoindre l'arrivée, pour moi de ce que je comprends la course s'arrête là. Je suis un peu déçue mais en même temps je n'avais qu'à aller plus vite. La nature reprend ses droits, nous sommes que de simple spectateurs des lieux, j'entends des traileurs râler auprès des bénévoles, mais sécurité avant tout, cela ne sert à rien d'insister. Je prends le temps d'enfiler ma veste car il fait maintenant bien froid et j'avance sans me presser, de toute façon la course est finie. Je passe quelques coups de fil pour avertir de mon sort. 

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La bifurcation  nous fera arriver directement à Col du Ferrand, un bénévole nous prévient finalement qu'on peut continuer la course, le Puy de Sancy et le reste du parcours ne sont pas fermés. La météo est devenu catastrophique, le vent souffle très fort me faisant parfois tanguer, il pleut à verse et le brouillard est bien épais. J'hésite à continuer, vu ce que les bénévoles avaient dit plus tôt, je me demande si cela est vraiment prudent. Je discute avec quelques traileurs dont certains veulent être finisher et avoir leur point itra. Je suis pas du même avis, je finis pas la course entièrement, alors de la à dire que je suis finisher, non, avec 6km de moins au compteur, je ne me considère pas comme finisher. Je finis par suivre le groupe qui décide de continuer malgrè tout, direction Puy de Sancy et la grande descente finale pour rejoindre l'arrivée à Mont-Dore.

Puy de Sancy

Puy de Sancy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Puy de Sancy se monte plutôt bien, je traîne pas au sommet et j'amorce la descente directement. Descente que je trouverais très longue (7km, 850 D-), dont une partie sur les pistes de ski avec une pente abrupte et plein de cailloux glissant très désagréable. Pour le coup je me dis que je serais bien restée au chaud à dormir après la très courte nuit que j'ai passé. Mais qu'est ce que je fou là !!! 

La finish line est là, je suis contente mais aussi frustrée de ne pas avoir pu faire le parcours en entier et par mon état de fatigue. Encore une fois la gestion du sommeil avant course m'aura fait défaut. Autant pour une course comme un marathon ça passe crème, autant pour une course de presque 10h, ça passe avec difficulté. Au final ma course se termine avec 54,5 km et 2800 D+ en 9h58 à ma montre, réactualisée par l'organisation à 11h58 si j'avais fait tout le parcours certainement.

Ce que je dois retenir, le sommeil à améliorer, (comment ? j'en sais rien !!!), la gestion alimentaire et l'hydratation que j'ai pas correctement géré. Après la course, j'ai réalisé ne pas avoir suffisamment bu et mangé. Il va falloir que je rectifie cela avant mon objectif final qui arrive très vite le 30 novembre prochain.