Je tiens à m'excuser avant tout pour le pavé qui suit, j'ai tenté de faire court et en faite c'est impossible. En même temps 81km c'est long !!

Le rdv de la Saintelyon est pris depuis avril 2018.

Tout cela à cause de mon beau-frère (Yann) habitant à Lyon, qui nous dit que c'est l'année ou jamais, l'édition exceptionnelle (avec 81km au lieu des 72 de chaque année) qu'il ne faut pas manquer.

Dans mon idée, j'avais envie d'être raisonnable depuis ma reprise running en mai 2017 (post grossesse). Je pensais faire la Saintexpress (44km), mais bon ça c'est en théorie, du coup inscription Saintelyon faite. 

Pourquoi une édition exceptionnelle ? Pour rendre hommage à un homme Alain Souzy décédé 1 semaine avant l'édition 2017. Cet homme était traceur de la course depuis 1990. Il souhaitait réunir sur la même course l'enchaînement de plusieurs difficultés (bois d'Arfeuille, montée du Rampeau et ascension au signal de Saint-André-la-Côte. Tout cela sur 8 km) sans jamais l'avoir concrétiser. Bon bah ca sera chose faite pour cette édition en sa mémoire.

Niveau préparation, je voulais vraiment me mettre dans de meilleurs dispositions à avaler ses kilomètres en comparaison à 2015, pareil pour la gestion de mon ravito personnel. Tout cela m'ayant fait défaut en 2015, il était hors de question de renouveler les mêmes erreurs.

Depuis Septembre, j'ai couru 647km en 44 sorties (à raison de 3-4 sorties par semaine, selon le planning professionnel et familial). Je suis plutôt satisfaite de ma préparation, car combiner les sorties avec une vie de famille et professionelle ce n'était pas évident à mettre en place. Pour comparer à 2015 sur la même période, 383km en 22 sorties (une lésion musculaire au mollet gauche m'ayant gêné pendant plusieurs semaines).

Pour l'alimentation, le medecin du poste médical que j'ai visité en tant que patiente après ma Saintelyon 2015 (pour déshydratation) m'avait déconseillé les préparations pour boissons énergétiques, ainsi que les gels énergétiques (d'après lui il n'y a rien de pire que ce type de produit, j'en étais bouche bée). Alors pour la boisson dans mon camelbak d'1L500, j'ai mis une briquette de 200ml de jus de pomme (j'ai tenté le raisin en prépa mais je n'aime pas trop le goût), j'ai complété avec de l'eau et ajouté une pincée de sel. J'ai pris dans mon sac une autre briquette et un sachet de sel pour remplir à mi parcours ma poche à l'identique. 

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Niveau solide voici en photo ce que j'ai pris, pâte de fruit (qui passe nickel et facile à avaler), barre chocolat un peu plus difficile à macher (surtout l'hiver) mais agréable à manger. Bonbons pour le plaisir si un coup de déprime, banane séchée... Et en salé, je n'ai pas trouvé de barre agréable en goût, du coup j'ai pris de quoi me faire plaisir pour casser le goût sucré et m'apporter du sel (vu qu'on en perd beaucoup en courant) à base de noix de cajou, saucissons. Je n'ai pas pris sur moi tout cela, un peu de chaque. 

 

 

vêtements

 Place aux vêtements, un vrai casse-tête. La météo s'annonce catastrophique, je ne compte pas le nombre de fois où j'ai surveillé la météo en espérant que les prévisions s'améliorent. Je prévois de mettre un tee-shirt sans manche en sous-couche (je n'ai pas de sous-couche technique dans mon dressing), et j'ai acheté une semaine avant un pantalon et un tee-shirt manche longue pour temps frais de la marque Kalenji, tant pis je ne l'aurais testé qu'une fois à l'entrainement. 

Je mets également dans mon sac, un stick de crème anti-frottement, une large bande d'élasto en cas de blessure, un tube de sporténine pour éviter les crampes (à prendre tout au long de la course), un tee-shirt sans manche et un manche longue supplémentaire au cas où je souhaite me changer.

Nous formons donc un trio de coureurs, avec Yann, mon mari (Arnaud) et moi même. Nous comptons courir ensemble tout du long et franchir l'arrivée tout les trois. La prepa de Yann fut très compliquée car il a du se faire opérer pour une lésion méniscale en juillet 2018, et avec ça ténacité il a voulu malgré tout prendre le départ mais la messe est dite d'emblée on y va mollo. Intérieurement j'espérais m'approcher de mon chrono de 2015 (10h41), mais il ne fallait pas rêver, les conditions méteo et l'état du terrain ne vont pas être simple pour la progression et gérer la course à trois c'est plus compliquée entre les arrêts pipi et les pauses de chacun. 

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Samedi 1er décembre, départ de la maison à 10h, arrivée à Lyon vers 15h30, merci la manifestation des gilets jaune qui nous font ralentir environ 30min mais économiser le péage à Villefranche-sur-Saone (ça c'est cool). Direction Hall Tony Garnier vers 18h (Yann avait déjà récupéré nos dossards la veille) pour prendre la navette pour la salle des expositions de Saint-Etienne. 30 min à patienter à l'extérieur (heureusement il ne pleut pas encore) puis 1h de bus avec une chaleur de dingue. L'ambiance est calme, tout le monde commence à rentrer dans sa bulle.

 

On se trouve une petite place derrière les gradins, la salle est blindée de monde. On avale nos pâtes préparées dans l'après-midi, puis tente de se reposer un peu avant le départ (encore 3h à patienter). Moi je suis déjà prête, mes 2 acolytes pas encore. Arnaud choisit sa tenue, je lui conseille de mettre un legging long, mais têtu comme il est il décide de mettre son short et des chaussettes hautes.

On décide de sortir au dernier moment de la salle, on ne veut pas partir dans les premiers sas pour éviter de se faire emporter par la vitesse folle des élites. Mais quelle idée on a eu, on se retrouve complétement en fin de peloton (bah oui évidemment). On finit par attendre 1h avant notre départ. 5 SAS avec 15 minutes d'attente entre chaque, c'est long 15 minutes quant tu attends dans le froid et sous la pluie car biensûr la pluie a fait son apparition pour ne plus nous quitter jusqu'à 8h du matin environ. Je suis limite trempée, ma veste a l'air de montrer ses limites en imperméabilité mais cela reste correcte. Arnaud c'est pire, il est vraiment trempé, sa veste imperméable Kalenji achetée il y a quelques mois et plutôt perméable que l'inverse. On part tranquille, on papote, on rigole, on stresse intérieurement sur ce qui nous attend. Les premiers kilométres dans la ville se passe bien, je n'allume pas ma frontale car on est bien éclairé par les lampadaires, je préfère économiser ma batterie. Dès qu'on commence à rentrer dans les chemins en hauteur il est temps d'allumer la frontale et la c'est le drame, ma Petzl Nao + clignote 3 fois, je n'ose y croire et me dit que c'est une blague, mais non la batterie est vide alors que je l'avais chargé à 100% la veille, incompréhensible !! N'ayant pas pris de piles au cas où (bah pourquoi faire je m'étais dis quelques jours avant), je n'ai plus qu'à rester coller aux baskets d'Arnaud pour savoir où je dois poser les pieds, je reste positive je ne suis pas seule donc ca va le faire et cela fera une anédocte à raconter (à chaque course il me manque quelque chose).

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On progresse tranquillement, ça grimpe pas mal, on ne voit pas trop à l'arrière le spectacle des frontales (bah oui on est en queue de peloton, c'est ballot). Yann n'est pas au top, son corps lui envoie des signaux d'alerte, il faut vraiment y aller molo, mais Arnaud pas suffisemment vêtu (sauf si tu pars pour un RP à plein régime) commence à se les cailler. On se prend des rafales de vent, de la pluie sans interruption, le moral d'Arnaud est au plus bas et il me dit qu'il ne continuera pas ainsi, il est complétement gelé et compte arrêter au ravito de Saint Christo (19km). Je tente de le rebooster, au ravito thé chaud, changement de vêtement et on fera le point.

1er ravito Saint-Christo-en-Jarez, rien à faire sa décision est prise, Arnaud abandonne, il est transit de froid, grelotte, et n'a pas le courage de se changer. Je vois des coureurs se servir en sac poubelle, je fais de même (on se fera  gronder par une bénévole mais tant pis je garde mon sac). Son abandon nous met un coup au moral, Yann du coup se tâte à arrêter aussi à cause de ses pépins physique. Tout les 2 me regardent et me demandent ce que je fais, bah je leur répond que je continue, j'ai pas fais tout ça pour stopper ici, en tout cas pas tout de suite. Arnaud me met un coup de pression en me disant que les conditions sont pourri et d'être raisonnable, pourtant il sait bien à quel point je suis entêtée !! Yann culpabilise et finalement dit qu'il continue jusqu'au prochain ravito (13 km) pour m'accompagner, par contre il ne veut pas courir, marche plus ou moins rapide. On prend encore du temps pour un peu mieux s'équiper, je prends la frontale d'Arnaud, il me donne ses manchettes que j'enfile avec difficulté car moi aussi je suis frigorifée, remet ma veste mouillée puis le sac et pour finir mon sac de poubelle et nous voilà parti. On sort du ravito, la pluie à redoubler d'intensité, avec yann on se demande bien pourquoi on repart, c'est Arnaud qui a raison de rester au chaud, on est fou !!

Finalement le sac poubelle m'isole bien de la pluie et du vent, on marche tel robocop et on en rit, mais grace à ca je finis par me réchauffer un peu et Yann pareil. Les 13 km suivant jusqu'au ravito de Sainte Cathérine se passe bien, on arrête pas de parler de tout et de rien, ce qui nous fais passer le temps, pas de courses que de la marche. Il n'y a plus beaucoup de coureur, on est vraiment en fin de peloton. On se tape des moments de fou rire lorqu'on fait du hors piste en prenant le mauvais chemin, et que c'est un bénévole qui nous klaxonne pendant plusieurs minutes jusqu'à ce qu'on percute que c'est nous qu'il tente d'interpeller (500m de plus au compteur kilometrique mais cela aurait pu etre bien pire, si ce bénévole n'était pas là). Un autre moment comique lorsque nous revenons sur nos pas, nous coupons carrément dans le champs pour revenir sur le bon trajet plus rapidement, mais des barbelés vont nous barrer le chemin, et heureusement personne ne m'a prise en photo quand je me suis retrouvée coincée sous un barbelé !! 

Le 2eme ravito à Sainte Catherine arrive, environ 32km de fait. Je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est, ni du temps qu'on a mis pour arriver là. Je ne regarde pas ma montre, mon bras reste dans le sac poubelle. Je suis décue de voir le ravito en extérieur, j'espérais me ravitailler au chaud. Je remplis ma flasque de thé chaud et grignote pâte de fruit, banane, tuc. On repart ensemble, finalement Yann ne veut plus abandonner même si les douleurs sont plus ou moins présentes. On sort de la ville quand heureusement un coureur nous interpelle rapidement car on bifurquait de nouveau sur un mauvais chemin, à force de papoter on manque de vigilance sur les pancartes de la course. A partir de là on alternera marche et course quand cela est possible.

Arrive les grosses difficultés tant attendu de l'édition exceptionnelle, la montée dans le bois d'Arfeuille. Le jour commence à se profiler à l'horizon, on se dit qu'une fois en haut on va pouvoir ranger nos frontales, rien qu'à cette idée là on est ravi. Sauf qu'avant cela, c'est un véritable mur qu'on doit grimper, ca glisse et il y a énormément de boue, quelques coureurs sont en difficulté et galèrent avec chaque pas qui se dérobe. Je progresse pas trop mal avec Yann à mes trousses, je me sens plutôt bien, pas encore de coup de fatigue (ce que je rédoutais après mon expérience de 2015), et les jambes sont encore en bon état de fraîcheur. Je suis quand même contente d'arriver en haut mais le vent souffle fort et la progression se fait péniblement jusqu'au Signal de saint-André-la-Côte (point culminant de la course à 934m d'altitude). 

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Ravito de Saint-Genou au 47km, toujours à l'extérieur, pas moyen de se réchauffer un mimimum au chaud, bref !! On se demande si on est dans les temps niveau barrières horaires, on pose la question aux bénévoles qui ne savent pas trop. Je dois remplir mon camelbak, c'était ce qui était prévu dans mon plan, mais j'ai pas envie de faire ça dans le froid. Je ne sais même pas quelle quantité j'ai bu, même si je pense bien m'hydrater vu les nombreux arrêts pipi. Je finis par sortir mon camelbak, tant mieux car je suis presque à sec. Je reprends également du thé chaud, ca se boit plutôt bien et ça réchauffe les mains au passage. Yann se créme les pieds pendant ce temps, il a pas mal d'ampoules. Je met de la créme anti frottement au niveau de la cheville, je ressens une petite douleur au niveau du coup du pied, comme une impression d'avoir trop serré mes baskets et que la languette frotte trop au contact de le peau, mais j'ai beau réajusté le laçage rien n'y fait et cela restera génant jusqu'à l'arrivée. Je me masse également le mollet car depuis quelques km j'ai une petite douleur qui irradie jusqu'à l'arrière du genou, cela fait quelques semaines que je traîne une petite contracture au mollet.

Pour la suite de la course, le temps sera mitigé, entre averses de pluie, et moments d'accalmie, le soleil viendra même faire une apparition une petite dizaine de minutes. Le terrain sera tout le temps boueux, très glissant par moment. On est bien content quand on a des passages sur routes, tu réfléchis moins au positionnement des pieds. Je n'ai plus froid, mes vêtements ont séché, je retire le sac poubelle (j'hésite à le garder en souvenir pour m'avoir sauvé cette nuit). Arnaud nous fera la surprise de nous attendre sur le chemin qui nous méne au 4éme ravito à Soucieu-en-Jarrest. Il nous racontera avoir attendu le bus un moment, d'avoir toujours froid dans ce bus qui était pourtant chauffé à fond à l'aller mais plus au retour, pris une bonne douche, mangé, et attendu un horaire correct pour débarquer chez sa soeur. Puis il a eu envie de nous rejoindre en voiture pour nous encourager aux 2 derniers ravitos. 

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4éme ravito (61km), on y restera pas très longtemps, cette fois je prends de la soupe pour goûter, je regrette de ne pas être restée sur le thé mais c'est buvable. Arnaud me remet un coup de pression, en me disant c'est bien beau de faire la warrior mais si c'est pour finir au poste medical après !! Il me fait flipper, j'ai pas envie de faire un tour chez le docteur de la course, je le rassure en lui disant que je m'hydrate bien, je demande à Yann de confirmer mes propos, mais il me met en plein doute, et si je n'y arrivais pas. Nous reprenons le chemin et nous retrouverons Arnaud à l'approche du dernier ravito à Chaponost (70km). Je reprends de la soupe (je ne sais pas pourquoi vu que j'avais une préférence pour le thé, enfin bref).

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La victoire est proche, il nous reste 11km, je redoute d'avance la côte de l'aqueduc proche de la fin qui de souvenir était horrible en 2015. La fin est interminable, puis vient la grande descente qui nous montre ce qui nous attend en face, l'aqueduc est en vue et la côte aussi, mais des travaux nous empêche d'aller tout droit et nous voilà bifurquer et faire un grand détour pour arriver au pied de l'aqueduc. Finalement ca va, on y va à notre rythme mais la progression se fait moins difficile qu'en 2015. Les panneaux annoncant les quelques km qui restent nous met du baume au coeur mais c'est long j'en ai marre, je veux voir l'arrivée ! Mon mollet me fait mal, je sers les dents.

Enfin le panneau du dernier km, Yann me demande si je veux courir, je lui répond quand il restera 500m.

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Je vois pas loin une coureuse qui se fait féliciter par ses proches, il lui fait signe d'accélérer car y a une nana dérrière (moi), du coup je me mets à courir, Yann me suit mais il a du mal à tenir l'allure. On passe devant eux et l'homme en question semble en colère et nous lance "ça sent l'écurie !!" Je reléve même pas, je trouve sa réflexion ridicule mais neanmoins je suis contente de l'avoir laissé derrière moi (c'est ma vengeance). Y a vraiment des cons sur terre.

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On continuera jusque l'arche, un regain d'énergie pour terminer !! Fière d'être finisher d'une édition aussi dantesque, pas un chrono de ouf loin de là (15h13min09) mais que du bonheur ou plutôt la délivrance.

 

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